14 novembre 2007
Dans la vallée d'Elah
Alors les enfants, avant que je n'oublie, il faut absolument que je vous dise d'aller voir ce film magnifique qu'est "Dans la vallée d'Elah", de Paul Haggis.
Je ne sais pas si vous avez vu la bande-annonce, mais pour ma part elle ne m'avait pas plus alléchée que ça, alors qu'à la base j'adore les films de/sur la guerre. Oui je sais, ce n'est pas exactement girly, mais moi les "Notthing Hill", "En cloque" ou autre "Rupture", bref les RomCom (ou Romantic Comedies si vous voulez, moi j'aime bien dire RomCom parce que j'aime bien me la péter), j'ai un peu l'impression que quand on en voit une, on les a toutes vues. En gros, c'est pas mon truc, et à bientôt 9,00 euros la place de ciné, j'aime autant ne pas me taper une rediffusion.
Bref. Les films de guerre. Alors voilà, j'adore ça et tout et tout, mais le problème avec la guerre d'Irak, c'est qu'elle est encore trop actuelle pour que je puisse la voir traitée au cinéma sereinement. Je deviens hyper émotive, alors après je dois chercher des kleenex dans mon sac à tatons dans le noir, et des fois il a glissé loin sous le siège de devant, et alors il m'arrive d'effleurer des mollets inconnus qui n'apprécient pas du tout ce genre de contact fortuit. Ou alors beaucoup trop, mais ça c'est encore un autre problème. En outre, avant hier soir je n'étais pas sûre que les cinéastes américains aient assez de recul pour traiter convenablement du sujet, sans tomber dans l'écueil pamphlétaire à la Michael Moore mode "Fahrenheit 911", ou dans l'esquisse inaboutie à la "Jarhead", qui avait été une grosse déception.
Mais voilà, je suis allée voir "Dans la vallée..." parce que j'avais été éblouie par "Collision", du même scénariste-réalisateur, il y a deux ans (film qui avait d'ailleurs emporté les Oscars du meilleur film et du meilleur scénario original en 2006, comme quoi je ne regarde pas que de la merde, merci bien). Ne me dîtes pas que vous n'avez pas pleuré devant "Million Dollar Baby"? On est d'accord les taffioles. Eh bien ce scénario, c'était Paul Haggis aussi, merci pour lui. Il a également réalisé "Lettres d'Iwo jima", mais celui-là je n'étais pas allée le voir, parce que bon je ne passe pas non plus tout mon temps au cinéma, des fois on y rencontre des gens bizarres, qui entendent "je cherche du sexe" alors qu'en fait je chuchote "je cherche un kleenex". Mais passons.
"Dans la vallée..." parle d'un père, lui-même ancien militaire, parti à la recherche de son fiston, engagé et envoyé en Irak, qui disparaît une fois de retour en permission sur le territoire US. Mais ce film ne parle pas que du père, bien sûr, sinon ce serait un peu moyen, ou alors il n'aurait pas fallu prendre Tommy Lee Jones, mais plutôt George Clooney tant qu'à faire, parce que bon sinon hein les gros plans sur l'acteur pendant 2 heures c'est un peu long, enfin moi je dis ça, je dis rien. Breeeeeeeeef. En enquêtant (et drôlement bien d'ailleurs) sur son fils, le père (et le spectateur par la même occasion, comme la vie est bien faite) se penche fatalement sur tous ces boys, une quasi-génération, envoyés au casse-pipe et pour casser des pipes, largués dans ce qu'il faut bien appeler l'enfer, au nom d'idéaux pas très nets et surtout sans garde-fous, sans préparation ni soutien pour affronter l'atroce réalité quotidienne, les cadavres, les tortures, les assassinats, les ordres qui se confondent parfois avec les consignes de survie, bref l'immoralité ordinaire, violente et vitale à la fois. Le résultat: des hommes, pff... des garçons, bien trop jeunes pour avoir le droit de vie et de mort, paumés, sacrifiés, sans plus aucun repères, la trouille et la violence chevillées au corps. Des boys qui pètent forcément les plombs.
L'ironie du sort veut qu'à l'instant même où j'écris ces lignes, le son de la télé qui me parvient annonce qu'en 2005, 6256 combattants en Irak se sont suicidés.
6256.
Suicidés.
Eh bien l'on peut dire que "Dans la vallée..." traite de "ça", entre autres, mais avec... comment dire? Non pas une certaine pudeur, mais plutôt une empathie et une humanité justes, respectables, pertinentes, et sans concessions pour autant puisque le film n'exonère strictement personne de ses responsabilités. On peut même dire que tout le monde en prend pour son grade: le gouvernement, l'armée, la famille, les traditions... Mais attention, le message est passé avec subtilité et finesse, sans effet coup de massue. C'est plutôt un puzzle qui se met lentement en place (en même temps, c'est une enquête policière, hein, ça avance à son rythme).
Le résultat est magnifique. Douloureux certes, mais nécessaire. Enfin un film abouti, à la photographie soignée, au script ciselé, aux acteurs confondants de justesse, sans fioritures, sans pléthore d'effets spéciaux. Un film juste bien, en somme. On en ressort ému, confondu, et en plus, on peut attendre que la lumière se rallume pour chercher ses kleenex.
11 novembre 2007
I can hardly wait...
Titre emprûnté à PJ Harvey, mais aucun rapport avec la choucroute.
L'objet de mon impatience est la nouvelle pub n*spresso featuring George... En fait de pub, c'est plutôt un gros méchant teaser, qui nous nargue en nous proposant une nouvelle aventure de Mister What Else?, mais ne le fait même pas parler!!!
Mais siii, vous l'avez vue cette bande-annonce... George, MON George, tente de rentrer dans son espresso bar préféré, s'efface devant la porte qu'il tient ouverte pour laisser sortir une femme, puis une deuxième, avec cette galanterie qu'on lui connaît imagine, alors que ces femmes l'ignorent superbement, c'est-à-dire qu'elles oublient de s'évanouir devant Sa Présence. Enfin, le coup de grâce, surgit Miss Uber-Pétasse, carré lisse impeccable et lunettes fumées à la Anna Wintour, qui tend négligemment les clés de son coupé rouge de luxe à un George médusé, en lui indiquant qu'il doit la garer.
Pfff. Genre.
(Au passage, on ne manquera pas de noter cet inimitable sens de l'auto-dérision, qui vient couronner en beauté la longue liste des qualités de George, faisant plus que jamais de lui Mister Perfect, pour celles qui en douteraient encore.)
Alors le dénouement de cette saynète nous sera révélé à tous à peu près en même temps, pour peu que l'on soit devant sa télé ce soir, peu importe la chaîne, entre 20h25 et 20h35.... Et là, je l'avoue sans fard, ce buzz marche à fond les ballons avec moi!
Depuis une semaine, je cogite en boucle sur les différents scénarios possibles:
1. George se ressaisit et va balancer les clés dans la tasse de la pétasse (impossible, pas assez classe, même si franchement elle ne l'aurait pas volé)
2. il rentre dans l'endroit pour découvrir que son pote Brad Pitt est derrière le comptoir et sert un nouveau café, forcément équitable et au nom improbable, l'éclipsant ainsi dans le coeur des consommatrices qui n'ont plus d'yeux que pour Mr Jolie (les ingrates)
3. il décide qu'il s'en moque, après tout il est juste là pour prendre son café, et toc, d'ailleurs en le dégustant quelques secondes plus tard, lui-même oublie qui il est (hautement improbable également, et je rajouterais que si c'est tout ce que les publicitaires de la marque ont réussi à trouver, ils mériteraient d'être gavés de capsules de café bouillantes et fouettés avec des percolateurs ébréchés)
4. je ne sais plus, et je vais de ce pas trouver autre chose à faire pour m'occuper jusqu'à 20h25, comme me repasser O'Brother, les Rois du désert, Syriana et la trilogie des Ocean.
Edit de 15h00: Ayé! Je l'ai vue la suite!!! Dire qu'il suffisait de googler n*spresso + george... Merci pour le tuyau Sophie! Et puis, ça me coûte de le dire, mais je n'avais pas tout à fait tort: [attention spoiler] pour le coup de l'autographe, ils ne se sont pas trop foulés les mecs... Heureusement que George rattrape le tout. Ah... sa petite tête quand il fait "Nespresso! What else?"... (soupir) Pour les google-feignasses, vous pouvez cliquer ici, et revenir me dire ce que vous en pensez...
Edit du 14/11: Correction!! Il s'est donc avéré que le lien que je vous proposais ci-dessus n'offrait qu'une version tronquée de la pub que l'on a pu déguster dimanche soir... Pour celles et ceux qui auraient raté ce grand moment de publicité, voici de quoi vous rattraper. Par contre c'est avec des sous-titres hollandais (je crois), et trouvé sur youtube... Et là j'ai envie de dire: Youtube, where else? ;o)
09 novembre 2007
RIFFifi chez les blogueurs.
Ouais bon ok, petite forme pour le titre, je sais! ;o)
Ceci juste pour joindre ma voix à la cohorte de billets sur la réunion de blogueurs(ses) d'hier soir, au Riff donc, qu'était 'ach'ment sympa.
J'ai pu constater que les rangs s'étaient drôlement épaissis depuis l'an dernier, c'est chouette, même si du coup il est encore plus intimidant de débarquer au milieu de cette foule d'inconnus -du moins pour la plupart. Le Petit Docteur a d'ailleurs très justement parlé de "rentrée en 6ème", ce qui m'a bien fait sourire. Je rajouterais néanmoins que le principal hier soir était quand même beaucoup plus sympa que celui resté dans le souvenir de mes 12 ans, et que le "surveillant" a distribué plus de mousses que d'heures de colle, dieu merci.
En outre, j'ai adoré entendre tous ces gens s'interpeller les uns les autres à coup de pseudos:
"Monsieur Plus?"
"Non moi c'est SwingPhil!
"Oh salut SwingPhil! Moi c'est Barbie!"
"Aaaah c'est toi Barbie! MonRouen pour vous servir!"
etc...
Assez surréaliste en fait, mais tellement drôle.
Je me permets également de signaler que Barbie, Ad et Vincent étaient resplendissants (la preuve en image), et qu'à mon grand regret, je me suis réveillée trop tard pour profiter de la présence de tous, à commencer par Mame Zigouis (2 ans que l'on se rate!), et puis Monsieur Plus avec lequel j'aurai à peine discuté, FredHook parti trop tôt, Sophie dont le visage demeure pour moi un mystère entier, et ceux reconnus de l'an dernier avec lesquels j'ai à peine osé échanger de timides sourires, je pense notamment aux ex-jeunes UDF, devenus un-peu-moins-jeunes MoDem. (rôôô, je taquine, rien de méchant, souvenez-vous que vous avez le sens de l'humour!)
Sinon, on m'a coupé l'herbe sous le pied ce matin (en même temps, vue l'heure à laquelle je poste ce n'est guère étonnant) mais je voulais suggérer pour la prochaine réunion de petites étiquettes autocollantes à l'américaine "Hello! My name is..." à arborer fièrement sur son chandail en alpaga. Sauf que là on pourrait rajouter son url, parce que c'est tellement plus 2007, et trop de la hype.
J'en entends déjà certains me rétorquer que ça tombe bien ça alors, puisque ce sont les filles qui vont organiser la prochaine réunion. Et là, je dis banco. Mais alors je vous préviens, on laisse tomber l'ambiance cacahuètes, et on se la joue à fond j'me-la-pète, avec étiquettes et paillettes!
Vous en êtes?
p.s: Pour la photo, je me suis servie sans rien demander à personne sur GrandRouen.com, n'ayant pas de photo à moi. Le crédit revient à Guillaume Pinchault. Merci de me signaler si cela pose un problème!




